situations de handicap: partageons les points de vue de l'usager et du concepteur
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Plafonds trop bas, comptoirs trop hauts, ceintures de sécurité trop courtes: comme les personnes handicapées, les géants, les nains et les obèses sont confrontés au quotidien aux problèmes d’accessibilité des transports et des bâtiments.

Réunis vendredi lors d’un forum organisé par le Conseil national du handicap, leurs représentants ont voulu alerter sur l’ampleur de la tâche à accomplir avant 2015, date à laquelle les établissements publics devront être accessibles à tous conformément à la loi « Handicap » du 11 février 2005.

« On parle beaucoup du handicap physique, un peu moins des autres », a reconnu Paul Joly, architecte diplômé d’Etat (DPLG), spécialisé handicap et accessibilité.

Or au quotidien, les très petits, les très grands et les plus gros que la norme évoluent dans un environnement pas toujours accueillant, ni adapté à leur différence.

  »Le principal problème des personnes de petite taille est souvent le regard que l’on porte sur eux », témoigne Patrick Petit-Jean, vice-président de l’association des personnes de petite taille. « Or plus l’accessibilité sera réelle, moins on les remarquera », estime-t-il.

 Actuellement, les difficultés se déclinent, dans la rue, à l’entrée des bâtiments, dans les transports en commun.

  « Avant d’arriver dans la salle, j’ai eu deux problèmes », raconte M. Petit-Jean, 1m34. « Les portes d’entrée fonctionnent avec un faisceau lumineux qui ne m’a pas détecté, si bien qu’elles ne se sont pas ouvertes. Ensuite, le comptoir d’accueil était trop haut pour qu’on me repère ».

Autre difficulté fréquemment rencontrée: les distributeurs d’argent, positionnés trop haut pour « pouvoir récupérer sa carte de crédit ».

Alphonse Proffit est, lui, confronté à des problèmes radicalement inverses. Vice-président de l’association des personnes de grande taille, il se plaint de « plafonds trop bas », de « brancards trop courts » dans les hôpitaux et plus généralement du manque d’espace dans les transports pour ses jambes immenses.

Du haut de ses 2 mètres, il convient que « c’est valorisé dans la société d’être grand, donc on n’a pas le droit de se plaindre ». Mais « les Français sont de plus en plus grands », prévient-il, et certaines situations sont compliquées, par exemple pour des élèves de CM2 qui ont la taille d’adolescents de 3ème.

Lorsque la sécurité est au coeur du débat, les inquiétudes sont plus vives. Ainsi, Béatrix de Lambertye, présidente de l’association Allegro Fortissimo, qui lutte contre les discriminations dont sont victimes les personnes de forte corpulence, réclame des ceintures adaptées dans les voitures. « Actuellement notre premier choix est d’être étranglé, le second de se prendre le pare-brise en cas d’accident », dit-elle.

 En France, quelque 20 millions de personnes sont en surpoids, rappelle-t-elle.

Si le chemin est encore long pour rendre les bâtiments et transports accessibles à tous, les entreprises semblent aujourd’hui « sensibilisées » au sujet, reconnaît M. Petit-Jean.

 La RATP a par exemple mis en place une concertation avec les personnes à mobilité réduite. « On s’oriente vers des portes à effacement latéral avec des passages élargis », souligne Nathalie Huard, responsable de l’accessibilité.

   « Nous serons prêts en 2014″, affirme de son côté Alain Barnet, chargé du sujet pour Aéroports de Paris (ADP). Certains aménagements ont déjà été réalisés, par exemple l’affichage de lettres dans une taille suffisamment grande pour être vues des mal voyants. D’autres sont en projet, comme l’abaissement des comptoirs d’enregistrement des bagages.

   Une des difficultés consiste à ne pas arranger les uns en pénalisant les autres. Ainsi, souligne M. Petit-Jean, « certains trottoirs bateaux ont été aménagés pour les handicapés, au détriment des aveugles, certaines toilettes rehaussées, au détriment des personnes de petite taille ».

PARIS, 19 nov 2011 (AFP) -

L’objectif est de faire découvrir, au niveau national, des bonnes pratiques et des réalisations exemplaires, mettant en valeur cette chaîne des compétences de l’accessibilité. Les Trophées de l’accessibilité visent à récompenser des dynamiques et initiatives globales, communes à plusieurs acteurs, s’inscrivant dans la durée et se traduisant par des changements de regard et de comportement.

Préparer la Cité de demain accessible à tous, prenant en compte la société française dans toute sa diversité, nécessite la mobilisation d’une chaîne de compétences.

Les catégories suivantes seront récompensées :

  • « Accessibilité des établissements recevant du public »
  • « Collectivités territoriales » (moins de 5 000 habitants, plus de 5 000 habitants)
  • « Accessibilité, Intégration, Mixité et Citoyenneté »
  • « Produits accessible à tous »
  • « Accessibilité et Emploi »
  • « Communication et Sensibilisation »
  • « Conseil d’enfants et de jeunes »

 

Les lauréats des Trophées de l’accessibilité seront dévoilés le 6 février 2012 à l’occasion d’une soirée exceptionnelle au Théâtre de la Porte Saint Martin.

Les dossiers de candidature doivent être adressés, au plus tard le 20 décembre 2011, à l’association Accès pour tous 

6 décembre 2011 à Paris

Le ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement auquel est rattaché l ’OBSERVATOIRE INTERMINISTÉRIEL DE L’ACCESSIBILITÉ ET DE LA CONCEPTION UNIVERSELLE annonce pour le 6 décembre 2011 à Paris un colloque sur l’accessibilité universelle.

La conception universelle est une notion définie comme «  une stratégie qui vise à concevoir et à composer différents produits et environnements …, accessibles, compréhensibles et utilisables par tous …  » selon la définition du conseil de l’Europe.

Les thèmes du colloque   :

  • la notion de conception universelle : ses origines, ses principes, sa diffusion

  • son apport dans le secteur industriel

  • l’appropriation de la conception universelle par la société française.

Les professionnels de l’accessibilité pourraient être intéressés par cette journée.
Entrée libre et gratuite.
Se renseigner auprès de  dma.sg@developpement-durable.gouv.fr

Vendredi 25 Novembre à 19h30


Restrospective et projection du film de la « Journée Nationale de l’Accessibilité » avec l’association Jaccede.com

Centre d’animation Maurice Ravel – Théâtre Douze
6, avenue Maurice Ravel
Accès : Bus 29, 56 et PC2
Sur réservation au 01 44 75 60 14 ou animravel@laligue.org

Des bénévoles testent l’accessibilité établissements de quartiers

« on veut une vie sociale. Si les personnes handicapées reste chez elle, c’est parce qu’elle manquent de lieux accessibles », soupire Damien Birambeau, président de jaccede.com. L’association et la Ville de Paris ont donc organisé, le 8 octobre 2011, la première journée nationale de l’accessibilité. L’objectif : tester les lieux de sortie (bar, restaurant , théâtre etc.) puis les référencer sur le site Internet.

Aix-en-Provence, Angers, Avignon, Bouillante (Guadeloupe), Cahors…

11:00, plus de 1500 volontaires, se retrouvent dans les 23 villes participant à l’événement. Chaque équipe se voit remettre un kit : un mètre pour mesurer les portes les marches, des fiches pour noter point par point les lieux et de la documentation à remettre à leurs exploitants. « N’oubliez pas d’être poli : nous voulons surtout les sensibiliser », rappelle les membres de jaccede.com après une courte formation, un fauteuil roulant et prêté aux équipes sans personne à mobilité réduite et les volontaires sont prêts à explorer la ville.

Un gros problème de toilettes

Les bénévoles arpentent alors les rues, direction le premier établissement recevant du public. Devant un restaurant, une équipe est arrêtée par une petite marche de 11 cm, et une porte un peu trop étroite. Surtout, les toilettes sont à l’étage « changer les toilettes pour 10 handicapés dans l’année, ce n’est pas la peine », se justifie le gérant. Patiemment, les bénévoles le conseil sur la mise en accessibilité, expliquant que la loi l’y obligera d’ici à 2015.

5/10 : peut mieux faire

Sur la fiche j’accède, l’établissement obtiendra quand même 5/10, car il est à proximité des transports, sur un trottoir plat. Plus loin, les mêmes problèmes reviennent sans cesse : les terrasses trop serrées, des comptoirs trop hauts et jamais de toilette accessible. Ce sont les fast-foods qui s’en sortent le mieux, avec leurs rampes d’accès et leur salle moins encombrée. « Les restaurants qui font le plus envie ne sont pas accessibles » soupirent quelqu’un dans une équipe. « On ne va pas envoyer des gens que dans des trucs bof… »

La persévérance finit par payer : au bout d’une heure, voici un premier restaurant avec des toilettes au rez-de-chaussée mais le patron refusera de recevoir le groupe, jetant un regard inquiet sur le fauteuil roulant. Le lieu sera pas référencés sur le site.

Enfin un ERP accessible !

Enfin, tout au bout de la rue, le bar restaurant parfait : une rampe, des toilettes arborant le logo « handicapés », des tables espacées, un éclairage adapté aux déficients visuels. Ce sera 10/10, mission accomplie.Grâce à eux, il y aura près de 2670 lieux accessibles de plus dans la base de données de l’association.